Chose promise, chose dûe ! Voici le récit d'Embrun par Eric:
Tout d’abord, je dois dire que c’est tout ce que j’ai pu entendre sur le mythique triathlon d’Embrun qui m’a donné l’envie de me lancer dans le triathlon. Après quelques années à me faire les dents sur des épreuves C.D. et M.D., je décide enfin de faire un grand triathlon. Tant qu’à faire, autant commencer par un difficile.
Donc, nous planifions nos vacances d’été, à Embrun. Nous partons en famille du 06 au 21 Août au centre EDF de Savines-Le-Lac.
Les vacances sont là. Nous arrivons à Savines-Le-Lac et nous nous installons. Une semaine avant l’épreuve, je sens déjà la pression monter. J’ai tellement entendu parler des difficultés de cette épreuve que ça me fait vraiment peur. Heureusement, Fabienne (toujours là dans les moments difficiles) m’apporte son réconfort. Ouf ! J’arrive enfin à me détendre.
Durant la semaine, je fais un peu de reconnaissance à Vélo, et en voiture avec Séb. La reconnaissance en voiture me chahute un peu l’estomac. Finalement, on a repéré l’ensemble du parcours ‘Vélo’ et j’ai pris des notes sur les ascensions et les descentes (notamment où freiner car ce n’est pas la peine de perdre du temps inutilement).
La dernière nuit avant la course, je n’ai pas fermé l’œil. Malgré cela, je reste serein. Je sais que ce n’est pas la qualité de la dernière nuit qui compte le plus. Je laisse donc le temps s’écouler sans stresser. Je n’ai pas jugé bon me lever trop tôt donc, réveil à 04h30.
Jour de l’épreuve :
Je me lève. Il ne fait pas chaud à 04h30 du matin. Je prépare mon petit déjeuner (gâteau énergétique avec un bol de thé vert à la menthe). Toutes mes affaires sont prêtes. Fabienne et Samuel se lèvent au dernier moment. Nous partons vers Embrun. Je suis un peu inquiet car j’ai peur d’être un peu à la bourre.
Nous arrivons sur le site. Un dernier passage au toilette (stress oblige), j’embrasse Fabienne et Samuel et je rentre dans le parc à Vélo. Je n’ai pas la sensation d’être en retard pourtant, tous les gars du club sont déjà là. Après la mini tempête de la veille, je préfère contrôler mon vélo. Tout va bien. Je commence à me préparer. Bruno Laluce est installé à ma gauche. Il est déconcertant. Je suis vraiment tendu et lui, il à l’air vraiment Relax. Il me passe sa crème anti-frottement car j’ai oublié la mienne. Enfin, je suis prêt. Par contre, je ne sais pas encore comment m’habiller en sortant de l’eau. En Tout cas, j’ai opté pour le maillot de bain seul sous la combin.
Il n’est pas encore 06h00. Nous sommes sur la plage, toujours dans l’obscurité. Nous observons une minute de silence (décès d’un membre du triathlon). Je sens l’herbe froide sous mes pieds. La pression monte mais je me sens bien. J’ai hâte que le départ soit donné.
Départ :
C’est parti. Je nage avec amplitude, en cherchant à ne pas gâcher mon énergie. L’objectif n’est pas de gagner 2 minutes mais de sortir de l’eau le plus frais possible. Lors de la 1ère boucle, malgré moi, j’allonge un peu le parcours. La bouée du fond du Lac est signalée par le gyrophare d’un camion de pompier. Mais le gyrophare n’est pas dans l’axe de la trajectoire directe. Tant pis, je ferai mieux sur la 2ème boucle. Je ne cherche pas à aller vite. Pourtant, les algues au fond de l’eau me donnent des repères sur ma vitesse de déplacement. Il me semble que j’avance. Dans la 2ème boucle, mes trajectoires sont directes. C’est toujours ça de gagné. Je sors de l’eau. Je regarde ma montre : 1h07’. Je suis content (335 ème place). En sortant, je prends un thé chaud. Hummm !!! Ca fait du bien car il ne fait pas chaud à 07h00 du matin après avoir trempé pendant 1 heure.
Transition Natation :
C’est le moment de la transition. A ma grande surprise, Bruno et toujours dans le parc à se préparer. Ca me réconforte. Je suis devant mon emplacement et je ne sais toujours pas comment m’habiller. J’hésite, je perds du temps. J’enfile des chaussettes, un shorty, un sous-vêtement aéré, un maillot de vélo, le coupe-vent, le casque, les lunettes, les chaussures. Je rempli mes poches du ravitaillement (sandwich de pain de mie au fromage et jambon de pays, Powergel). Je me sens un peu chargé.
Finalement, ma transition m’aura coûté (4’10’’). Ce n’est pas excellent. Tant pis.
Parcours Vélo (187 Km) :
Le moment délicat se présente. Comment gérer la phase ‘Vélo’. Je pars prudemment mais un peu plus vite que ce que j’avais envisagé. Je contrôle ma fréquence cardiaque. On commence par 6 Km d’ascension mais ça à l’avantage de nous réchauffer. Je me limite à 155 pulsations/minute. Je remonte pas mal de places dans cette partie mais sans vraiment y attacher une grande importance. D’ailleurs, à ce moment de la course, je n’ai aucune idée de ma place. Dans l’ascension, je rattrape Nardo. On prend le temps de discuter un peu. Arrive la 1ère descente. Le repérage de la semaine m’est vraiment utile car je ne freine, comme prévu, qu’à un seul endroit. Je commence à manger un peu. L’horreur! A cette heure matinale, le sandwich salé a du mal à passer.
Je franchis le pont de Savines-Le-Lac. Fabienne et Samuel sont là pour m’encourager. J’avais prévu de prendre une boisson au ravitaillement de Savines mais je ne fais qu’un arrêt Pipi. Nardo, que j’avais distancé dans les descentes, me rejoint et passe devant. Je repars. Sur la partie roulante d’une dizaine de 10Km qui sépare Savines d’Embrun, je me rends compte que le guidon de triathlète serait un +. Tant pis, je serai plus léger dans les ascensions.
En arrivant à Embrun, on tourne à droite, direction Baratier. On retrouve une partie vallonnée. J’essaie de conserver une cadence de pédalage souple car la journée sera longue. A Saint-Clément, je rejoins Jean-Michel. Il n’arrête pas de me répéter que Bruno et Nardo sont fous d’être partis si vite, qu’ils vont se cramer, … difficile à se faire un avis. Dans le début de l’ascension de Guillestre, en direction d’Arvieux, je suis toujours en compagnie de Jean-Mi. La pente n’est pas rude mais le vent est défavorable. Dans cette première portion de l’ascension, je me fais dépasser par de nombreux triathlètes. Au moment où la route s’élève franchement, je me retourne mais Jean-Mi. a disparu. Bien qu’avec Séb, j’avais reconnu le parcours, je ne reconnais pas la route.
On quitte Arvieux pour se lancer vers le col de l’Izoard. Et là, la difficulté est terrible. Je reste sur la réserve pour ne pas trop appuyer sur les pédales mais ma fréquence de pédalage ne me convient pas. Pourtant en 39*29, je pensais que ça passerait mieux. Dans cette portion difficile, je gagne quelques places.
Dans la longue ligne droite de Brunissard, je devine les maillots du T.C.A. (Bruno et Nardo). Mais, à l’allure où je roule (10Km/h), avec un vent de face terrible et un froid qui fait oublier que c’est l’été, il me reste un bon écart à combler avant de les rejoindre. Enfin, nous attaquons les premiers lacets du col et le vent se fait moins violent. Je rejoins Bruno qui s’est arrêté pour faire quelques étirements du dos. Il semble bien. Je continue mon chemin en pensant au sommet. Pourvu qu’il arrive vite. Je continue à gagner des places malgré mon allure lente. Je rejoins Nardo avant la case déserte. Le sommet n’est plus très loin. Dans les derniers lacets, on aperçoit les triathlètes tout proche du sommet. J’arrive enfin en haut. Je n’ai pas chaud. Il fait 8°C. Je demande un thé chaud. A ma grande surprise, le bénévole m’informe qu’il n’y a rien de chaud. J’avais pourtant bien aimé la boisson chaude à la sortie de l’eau. Tant pis.
Je ne perds pas de temps. Je récupère mon ravitaillement. Je revêt mon coupe-vent et me lance dans la descente. Brrr !!! Mon dieu qu’il fait froid aussi de ce côté-là du col. Rapidement, Bruno me rejoint. Il descend vraiment vite. Je cherche une position aérodynamique pour le garder en point de mire. Lorsque les courbes se font moins dures, je le rejoins. En perdant de l’altitude, je sens que la température devient plus agréable. Je dépasse un concurrent et là, je reste estomaqué. Ce type descend, en maillot de bain et débardeur. Il a vraiment la peau dure celui-là ! La dernière partie de la descente vers Briançon est très agréable (température douce, bitume neuf, courbes peu techniques,…).
On attaque le retour vers Embrun. Je m’attends à retrouver le vent de face. Mais à ma grande surprise, le vent reste favorable. Je pense que ça ne durera pas car, la spécificité d’Embrun c’est d’avoir le vent de face, à l’aller comme au retour. Je prends un moment pour me relâcher et me ravitailler. Bruno est un peu plus loin devant. Ma vitesse est bonne et je profite du vent favorable pour ne pas dépenser inutilement mon énergie. J’attends avec inquiétude le moment où le vent va changer de sens. Les difficultés sont encore nombreuses et d’après les récits de ceux qui ont déjà participé à Embrun, le plus dur n’est pas l’Izoard. Ca promet.
Arrive la côte de Pallon. ‘Pas long’ mais vraiment pentue. Cette bosse fait environ 1,5 km. Beaucoup de spectateurs ont choisi cet endroit encaissé, à l’abri du vent, où les rayons du soleil sont francs, pour venir nous encourager.
Je l’attaque directement tout à gauche (39*29). Je rejoins Bruno dans cette ascension. Nous sommes avertis par un commissaire qui constate que nous sommes du même club. Il s’imagine que nous faisons une course d’équipe. Nous arrivons au sommet. Enfin, une difficulté de moins à passer.
Et le vent est toujours avec nous. Profitons-en. Il est d’ailleurs très profitable lorsque nous longeons l’aérodrome. Nous retrouvons le parcours que nous avons emprunté à St Clément. La fin du parcours est proche. De plus, même si le vent tourne maintenant, nous serons protégé sur ces routes ombragées.
Enfin, on passe le pont métallique tout proche du centre d’Embrun. Alors que nous escaladons la bosse qui mène à Embrun, nous croisons des gars qui on déjà entamé le marathon. Je suis vraiment admiratif. Il nous reste encore une bonne dizaine de kilomètres à parcourir à Vélo, dont la fameuse côte de Chalvet, et ces gars-là ont déjà parcouru 6 Km à pied. Ils disposent d’une bonne heure d’avance.
Je suis toujours, plus ou moins, en compagnie de Bruno. Nous sommes dans Chalvet. La pente est progressive. J’ai de bonnes sensations. J’appuie un peu et je trouve que ça passe vraiment bien. J’atteinds facilement les 13 Km/h. Je sens que s’il n’y avait pas le marathon derrière, je pourrais encore accélérer. Au sommet, j’ai distancé Bruno. Je descends prudemment, en pensant à ceux qui n’ont pas terminé l’épreuve à cause d’une chute dans cette descente dangereuse. Lors de la reconnaissance du parcours avec Séb., j’avais d’ailleurs raté un virage dans cette descente. Bruno me rejoins et repasse devant. On rentre au parc à vélo ensemble. J’ai gagné 206 places. Je suis 129ème. J’ai passé 7h19 sur le vélo à 25,7 Km/h de moyenne.
Transition Vélo/CàP :
Je suis inquiet. Bien que mes jambes aient bien répondu dans Chalvet, je vais me lancer dans l’inconnu. Je profite de la transition pour me ravitailler et me détendre un peu. Pour cette transition, tout est prévu. Je quitte le maillot de vélo pour enfiler un débardeur. J’en profite pour retirer mon cardio-fréquencemètre. Je chausse mes Nike. Je garde les lunettes de soleil et me couvre la tête d’une casquette. Et me voilà parti avec 4 powergel en poche. Bruno m’a devancé de quelques secondes. Ma transition est meilleure (2’58’’).
Marathon :
Au bout d’une centaine de mètres, je m’arrête pour serrer mes chaussures. Je me dis : ‘Je ne suis pas sur un C.D. Ca risque d’être long. Autant être bien dans ses baskets’. Je repars et rejoins Bruno. Nous nous encourageons mutuellement. Et, c’est parti : Chacun sa route. Sous ma casquette et derrière mes lunettes, j’ai la sensation d’être isolé de l’extérieur. C’est comme si j’avais coupé certains circuits sensoriels.
Le nombre de Km restants à parcourir est repéré sur le sol avec de la peinture bleue. Je ne me focalise pas sur l’arrivée. Au contraire, à chaque fois que je passe un indicateur de distance, mon objectif est d’atteindre le suivant. Curieusement, je me sens bien. Je ne suis pas parti vite. Je veux me sentir inspirer et expirer avec fluidité.
Au bout du Lac, un spectateur apprécie ma foulée et m’encourage. Après le 1er tour du Lac, j’entame l’ascension vers le centre d’Embrun. Ce n’est vraiment pas facile. Ouf ! après le passage dans la rue piétonne d’Embrun, je bascule dans la descente. Dans les premiers lacets de la descente, je rejoins Laurent SALLERON du S.A.M. Il n’a pas l’air au mieux. La CàP n’est pas son domaine de prédilection. Je l’encourage et continue mon chemin.
J’avale un powergel quand il reste 36 Km. Il m’en reste 3 en poches. Le calcul n’est pas difficile. Maintenant, je dois en prendre un tout les 9Km. Question hydratation, je me contente des fonds de verres de boisson énergétique. Pas de Coca, d’eau ou d’aliment solide.
J’attaque la partie plane le long de la digue. C’est une longue ligne droite que nous empruntons dans 1 sens, puis dans l’autre, après 1 demi-tour à un poste de contrôle. Cette ligne droite est interminable. C’est l’endroit où le moral peut en prendre un coup. D’ailleurs, je vois des concurrents encouragés par leur famille pour ne pas renoncer.
Vu le temps passé à courir le long de la digue, je m’attends à croiser Séb. Comme j’ai bien géré le Vélo, il aura pu gagner du temps sur moi. Mais en fait, non, je croise Bruno qui a toujours bonne allure.
Je passe le pont métallique et m’engage dans la partie montante vers Baratier. Je craignais les échauffements au niveau des pieds. Et bien voilà, ça commence. Je suis inquiet car il reste un bon nombre de kilomètres à parcourir. Je ne peux m’empêcher de repenser au marathon de la Rochelle où j’avais abandonné à cause d’ampoules sous la plante des pieds. J’essaie de me relâcher et surtout de conserver une foulée qui ne heurte pas le sol.
Depuis un bon moment, j’entends une moto suiveuse. Elle accompagne un concurrent qui va bientôt me mettre un tour. Après la course, je comprendrais qu’il était tout proche de la tête. Lorsqu’il me passe, dans Baratier, je suis étonné de voir un gars d’un gabarit proche du mien. A ce niveau-là, on s’attend à voir passer des extra-terrestres.
Voilà que j’attaque la partie descendante vers Embrun. La fin de la 1ère boucle s’annonce. Avant de longer la digue (côté Lac), je double Lionel ROYE. Quel étonnement pour moi, de voir cette référence dans notre région, courir à une allure qui ne lui ressemble pas. A ce moment, je me dis que la course risque d’être encore longue pour lui. J’aimerais l’encourager mais je préfère ne rien dire.
J’entame la 2ème boucle. Je me sens bien. Je retrouve ce fameux spectateur qui m’avait encouragé dans la 1ère boucle. Il me dit : ‘Avec cette foulée, tu peux en reprendre encore un paquet !’. J’aimerais le croire.
Maintenant, quoiqu’il arrive, l’objectif reste de rallier l’arrivée. Après le tour du Lac, j’entame l’ascension de la côte d’Embrun. Je double des gars qui marchent. Bien que je ne courre pas très vite, je m’efforce à ne pas marcher. Dans le centre de la ville d’Embrun, je me dis que la dernière grosse difficulté est passée. J’entame la descente dans laquelle je croise des concurrents, encore à Vélo, qui vont commencer l’ascension de Chalvet.
Je sens toujours les échauffements dans mes chaussures. Cependant, cela ne s’aggrave pas trop vite. J’ai bon espoir d’atteindre l’arrivée.
A nouveau, j’emprunte le long chemin qui longe la digue. Cette ligne droite est vraiment mortelle pour le moral. Sur le retour, je cherche à croiser un concurrent aux couleurs du T.C.A. (Bruno ou Séb.). A ma grande surprise, celui que je vais rencontré, c’est Denis qui est dans sa 1ère boucle. Avant la course, je ne donnais pas cher de sa peau.
Petit rappel au sujet de Denis :
Fin juillet, je le croise à la piscine. Je terminais ma phase de préparation pour Embrun et lui, m’annonce fièrement : ‘Je commence ma préparation pour Embrun’. Evidemment, je ne peux m’empêcher de penser que cela risquait d’être très dur pour lui. De plus, sa blessure à son genou me confortait dans cette idée.
A l’approche du pont métallique que j’emprunte pour la dernière fois, j’évalue le temps qu’il me reste à courir. D’après mon temps de passage au km et la distance restante (8 Km), j’en déduis qu’il est envisageable de finir la course en moins de 12h00. Même si, avant la course, j’avais évoqué la faisabilité de passer sous cette barre des 12h00, je n’imaginais pas m’en approcher dès ma 1ère participation.
Là, commence le contre la montre. Je m’efforce, dans l’ascension vers Baratier, à donner le maximum de moi-même. Je commence à sentir des tensions dans mon mollet droit. Celui-là même qui m’a causé tant de soucis depuis le début de saison. Pourvu qu’il tienne.
Au sommet de Baratier, il ne reste plus qu’à redescendre vers Embrun et faire un tour du Lac. A chaque Km que je termine, je réévalue le temps restant. J’entame la descente vers Embrun et je donne le maximum. J’allonge la foulée pour gagner de la vitesse. Je ne me soucie plus des concurrents que je dépasse. Mon cerveau est fixé sur le chrono.
J’entame la dernière boucle du tour du Lac. Après 40 Km de course, j’ai du mal à supporter les imperfections du sol. Je suis à fond. Au bout du Lac, je croise le regard de Séb. Sur le moment, je ne comprends pas. Il est habillé en civil et semble en bonne forme. Un moment, j’aurais pu penser qu’il avait déjà terminé la course. Mais non, impossible ! J’en déduis qu’il a abandonné. Je suis déçu pour lui. Mais pour moi, la course n’est pas terminée. J’entame une petite butte qui borde le Lac. Je suis complètement planté. J’ai la sensation de tirer un sac de 50 Kg. Les derniers mètres sont vraiment les plus durs.
Enfin, je devine la ligne d’arrivée. Je n’en peux plus et je suis vraiment content à l’idée d’accrocher cette course à mon palmarès. Il y a, chaque année, environ 30% d’abandon. Terminer est déjà une perf. A l’approche de la ligne tant attendue, un signaleur s’écarte pour m’indiquer le parcours. Je dois encore faire le tour du parking avant d’accéder à la ligne d’arrivée par le côté opposé. Je n’avais pas envisagé les 200 derniers mètres et pour le chrono, ça semble mal barré. Je ne m’en occupe plus. Je lève les jambes du mieux que je peux. Enfin la ligne. Je regarde le chrono (11h59’39’’). Putain, ça valait le coup de se défoncer.
L’arrivée :
C’est maintenant que la course est terminée que je sens que mes jambes ont du mal à me porter. Je suis heureux. Terminer Embrun, pour moi, c’est géant.
J’ai faim. Je me dirige vers le ravito. Une gâteau de riz. Hummm ! je sens que ça va être divin. Je m’assois. J’avale une 1ère cuillérée. Et là, ça ne passe plus. Je ne peux rien avaler. Je tente de me lever. J’ai les jambes en bois. Je me dirige vers la tente des kiné. Je m’installe. J’aimerais m’endormir. Durant le massage, j’arrive à terminer mon gâteau de riz qui m’accompagne depuis l’arrivée.
Après le massage, je n’ai qu’une envie : rentrer et me doucher. Je rentre au parc et, devant mon emplacement, je savoure avec plaisir, ce moment de calme, de solitude, de satisfaction... J’ai beaucoup de difficultés à exprimer ce que je ressens. Mais, je me sens vraiment apaisé. On le serait à moins.
Je range mon matériel, et me dirige vers ma famille qui m’attend.
En direction du parking, je croise Séb. avec qui je discute quelques minutes. Fabienne et Samuel sont pressés de rentrer. Ils sont restés plantés au soleil tout le temps du marathon. Je ne dirais pas que c’était plus difficile pour eux que pour moi mais nous avons envie de nous retrouver entre nous.
Maintenant, place à la récupération.
Commentaires